Décryptage · Le 8 heures IA

Une IA qui note ses propres textes se préfère dans 67 à 82 % des cas

Publié le 19 septembre 2026 · · Lecture 5 min

Article produit par une intelligence artificielle à partir de sources nommées et datées, publié sous la responsabilité éditoriale d’Oriq. Nos systèmes d’IA · Le responsable éditorial

Quand un modèle évalue un texte qu’il a lui-même rédigé, il se donne une meilleure note, à contenu identique. Une étude universitaire chiffre l’écart sur 2 245 CV et sept modèles. Vous en tirerez une règle d’organisation simple, valable pour vos candidatures comme pour vos devis.

Un modèle qui note sa propre copie se met devant

Une IA qui note ses propres textes ne les juge pas comme les autres : elle les préfère. Jiannan Xu, Gujie Li et Jane Yi Jiang l’ont mesuré sur le tri de candidatures, dans une étude déposée sur arXiv en août 2025 et révisée le 6 juin 2026.

Le protocole est propre. Ils partent de 2 245 CV réellement écrits par des humains, issus d’une plateforme antérieure à la diffusion de l’IA générative. Pour chaque CV, ils font produire une version par sept modèles : GPT-4o, GPT-4o-mini, GPT-4-turbo, LLaMA 3.3-70B, Mistral-7B, Qwen 2.5-72B et DeepSeek-V3. Le contenu est contrôlé : mêmes diplômes, mêmes chiffres, même parcours, seul le résumé de présentation est reformulé.

Puis ils demandent à chaque modèle de comparer. Chacun place sa propre version devant la version humaine dans 67 % à 82 % des cas, selon le modèle.

67 à 82 %la fréquence à laquelle un modèle préfère sa propre version d’un CV à celle écrite par un humain, à contenu équivalentXu, Li et Jiang, arXiv:2509.00462, version du 6 juin 2026

Pourquoi il fait ça : il se reconnaît

Ce n’est ni de la vanité ni un bug. Un travail présenté à NeurIPS en 2024 par Panickssery, Bowman et Feng mesure une corrélation linéaire entre deux choses : la capacité d’un modèle à reconnaître ses propres productions, et la force avec laquelle il les préfère. Plus il se reconnaît, plus il se favorise. Pendant ce temps, des annotateurs humains jugent les textes comparés de qualité équivalente.

Dit simplement : un modèle génère les suites de mots qu’il estime les plus probables. Quand on lui soumet un texte qu’il aurait pu écrire, tout lui paraît attendu, fluide, bien tourné. Il prend cette aisance de lecture pour de la qualité.

Ce que le modèle note, c’est la familiarité du style, pas la compétence de la personne.

Le déplacement, en situation de tri

Les auteurs simulent ensuite des chaînes de présélection dans 24 métiers. À qualification égale, un candidat qui a utilisé le même modèle que celui de l’évaluateur voit ses chances d’entrer en shortlist augmenter de 23 % à 60 %. L’effet est le plus marqué en comptabilité, en vente et en finance, le plus faible en agriculture, dans les arts et dans l’automobile.

23 à 60 %le gain de chances d’être retenu en shortlist, à qualification égale, quand le candidat a écrit avec le même modèle que l’évaluateurXu, Li et Jiang, arXiv:2509.00462, 6 juin 2026

Côté français, la CNIL avait posé le cadre dans son Guide du recrutement du 1er février 2023, fiche n° 13 : plus les candidatures sont nombreuses, plus il est probable que le recruteur ne consulte que les mieux pré-classés, les autres étant écartés en raison du seul fonctionnement du logiciel de tri. On bascule alors dans la décision entièrement automatisée au sens de l’article 22 du RGPD, avec information préalable des candidats, droit à une intervention humaine et analyse d’impact. La CNIL rappelle aussi que les méthodes utilisées doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé. Un style reconnu par la machine n’en fait pas partie.

Comment éviter qu’une IA favorise les textes qu’elle a elle-même écrits ?

En ne confiant jamais l’écriture et l’évaluation au même modèle. Une étude de Xu, Li et Jiang révisée le 6 juin 2026 montre qu’un modèle place sa propre version d’un CV devant celle d’un humain dans 67 à 82 % des cas, à contenu identique. Deux correctifs partiels existent : écrire dans la consigne d’ignorer l’origine et le style du texte pour ne juger que le fond, et faire voter plusieurs modèles différents. Ils réduisent le biais de 17 à 63 % en relatif, sans le supprimer.

Les correctifs marchent, à moitié

Les auteurs en ont testé deux. Le premier est une consigne système qui demande explicitement d’ignorer l’origine du texte et de ne juger que le contenu. Le second est un vote majoritaire associant le modèle évaluateur à des modèles plus petits, qui se reconnaissent moins bien eux-mêmes. Le biais recule de 17 % à 63 % en relatif. Il recule, il ne disparaît pas.

Deux limites à garder en tête. L’étude porte sur des CV en anglais et sur des modèles de 2024-2025, et elle mesure des classements, pas des embauches réelles. Face aux textes d’un autre modèle, la préférence est nettement moins régulière : c’est bien l’auto-évaluation qui pose problème, pas l’évaluation par une IA en général.

La portée dépasse le recrutement. Tout enchaînement du type « l’IA écrit, puis l’IA choisit » est concerné : sélection entre deux variantes d’une page de vente, notation de réponses à appels d’offres, scoring de devis, tri de leads.

Et dans votre entreprise ?

Premier pas cette semaine, en moins d’une heure : ouvrez la liste de vos usages IA et surlignez ceux où le même modèle écrit puis évalue. C’est la seule ligne à changer pour traiter le problème à la racine.

Sources

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