Cas concrets · Le 8 heures IA

Cette PME a branché une IA sur son logiciel métier et gagne une heure par jour

Publié le 13 septembre 2026 · · Lecture 5 min

Une PME d’impression de Nouvelle-Aquitaine a arrêté de chercher l’information dans son logiciel de gestion de projets : elle la demande en français. Résultat déclaré, environ une heure par jour et par chef de projet. Voici comment ils s’y sont pris, ce que ça a coûté, et l’aide publique qui finance le cadrage.

Une heure par jour, par chef de projet

Diadem est une PME de Nouvelle-Aquitaine, spécialisée dans l’impression et le pré-presse packaging, entre 2 et 5 M€ de chiffre d’affaires. En 2025, elle a fait connecter une IA au logiciel métier qu’elle utilisait déjà. Résultat annoncé : environ une heure par jour gagnée par chef de projet, soit près de huit heures cumulées sur l’équipe. La fiche détaillée a été publiée par Bpifrance Conseil le 12 juin 2026 sur sa plateforme publique de cas d’usage.

Le point de départ n’a rien d’exotique. Leur outil interne, LIVECO, centralise des milliers de projets : versions de relecture, fiches texte, historiques. L’information existe, elle est propre, elle est à jour. Mais pour la retrouver, il fallait enchaîner les écrans et les filtres. Chercher, pas travailler.

Ce qu’ils ont installé, concrètement

Un agent conversationnel a été branché sur LIVECO, mais aussi sur Trello et sur Proofscope, leur outil de relecture. Les équipes disposent d’une seule fenêtre de discussion. Elles posent leur question en français, l’agent interprète l’intention, va chercher la donnée dans le bon outil et renvoie une fiche visuelle.

Neuf usages ont été couverts au démarrage : retrouver un projet, afficher une relecture, comparer deux versions, croiser une information entre LIVECO et Trello. Quand la demande est ambiguë, l’agent pose une question de clarification au lieu de deviner. Diadem cite d’ailleurs cette mécanique comme une source de réduction des erreurs d’interprétation.

Le gain ne vient pas d’une IA de plus, il vient d’une IA branchée sur le logiciel que vos équipes ouvrent déjà tous les matins.

Autre effet cité par l’entreprise, rarement anticipé : l’arrivée d’un nouveau collaborateur. Il peut interroger la base sans maîtriser l’interface du logiciel. La montée en compétence sur l’outil cesse d’être un préalable au travail.

7 semainesdurée de mise en œuvre de l’agent chez Diadem, pour un coût annoncé entre 50 000 et 100 000 € et une maturité IA de départ qualifiée de « débutant »Bpifrance Conseil, fiche cas d’usage Diadem, juin 2026

Pourquoi ça a été rapide chez eux

Sept semaines, c’est court. L’explication tient en une phrase : les données étaient déjà structurées. Un logiciel métier interne, des projets rangés, des versions identifiées, des historiques exploitables. L’agent n’a eu qu’à apprendre à circuler dedans.

Faut-il avoir un logiciel métier sur mesure pour connecter une IA à ses données ?

Non, mais il faut des données rangées et accessibles. Diadem est allée vite parce que ses milliers de projets vivaient déjà dans un outil unique, avec des versions et des historiques clairement identifiés. Si vos informations sont dispersées entre un serveur de fichiers, des boîtes mail et des tableurs personnels, le projet commence par une mise en ordre des données, pas par l’IA. Ce travail reste rentable même si vous n’installez jamais d’agent : il conditionne aussi la qualité de vos reportings.

Il faut aussi lire les chiffres pour ce qu’ils sont. L’heure quotidienne est une estimation déclarée par l’entreprise et publiée par Bpifrance, pas un audit indépendant. Les huit heures cumulées sont une addition sur l’équipe, pas un bloc de temps libéré ni un chiffre d’affaires supplémentaire. Et le coût récurrent annuel n’est pas renseigné dans la fiche : c’est précisément la ligne à faire chiffrer avant de signer un devis.

Le point de vigilance n’était pas technique

La fiche signale un point d’attention rare dans ce genre de document. Avant le projet, les équipes pratiquaient une IA de l’ombre : comptes personnels, essais jamais capitalisés, aucune règle commune. Sans encadrement, ces habitudes se reproduisent avec le nouvel outil, et l’agent officiel reste sous-utilisé.

La décision qui traite cette cause est simple et peu coûteuse : une formation courte aux bons usages dès le démarrage, accompagnée d’exemples de questions validées diffusés à toute l’équipe. On ne demande pas aux gens de deviner comment parler à l’outil, on leur montre.

Diadem n’est pas un cas isolé sur cette plateforme. Bluetainer y annonce 50 à 70 % de gain sur la préparation de ses dossiers, la Chambre des notaires de la Cour d’appel de Caen une exactitude des réponses en hausse de 76 %.

40 %part du « Diagnostic Data IA » prise en charge par France 2030 pour les PME et ETI de 10 à 2 000 salariés, sur une prestation de huit jours-hommesBpifrance, communiqué « Un an du plan Osez l’IA », 8 septembre 2026

Et dans votre entreprise ?

Le premier pas de la semaine tient en trente minutes : ouvrez la plateforme publique de cas d’usage de Bpifrance, filtrez sur votre taille d’entreprise, et lisez deux fiches de PME comparables à la vôtre. Vous saurez quoi demander, et à quel prix.

Sources

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